sábado, 10 de abril de 2021

L'annêe Plantu / Le Monde 50 ans d'histoire

 


Dans le monde des illustres dessinateurs de presse, Plantu est devenu incontournable. 


Depuis son premier dessin en 1972 sur la guerre du Vietnam alors qu’il n’a que 21 ans, Jean Plantureux dit Plantu, s’engage dans une collaboration de plus de 40 ans avec le journal Le Monde, et depuis 1991 avec l’hebdomadaire L’Express qui lui consacre chaque semaine la totalité de sa troisième page. 


Honoré de nombreux prix, le dessinateur fonde en 2006 avec Kofi Annan, prix Nobel de la paix et ancien secrétaire général de l’ONU, Cartooning for peace1 , une association pour la défense de la liberté de la presse dans le monde qui réunit des dessinateurs du monde entier. 

Une de ses œuvres les plus célèbres est le calligramme « Je ne dois pas dessiner Mahomet », subtilement esquissé en tête du prophète de l’islam.


L’ouvrage sorti aux Editions Calmann-Lévy présente plus de 200 dessins regroupés dans six thématiques de l’actualité sur l’état d’urgence du moment.

Alors que les pages de garde sont ornées de souris variées, compagnes de signature du caricaturiste, l’auteur se pose, en préambule, la question de la représentation du virus et de ses hésitations à le dessiner comme celles du gouvernement à le cerner. Il se moque des amuseurs publics, des fausses informations trop rapidement déballées. Confinée sur elle-même, la France s’est inquiétée de son sort en oubliant les réalités internationales. Ainsi vont les démocraties « habituées à faire l’impasse sur des infos incontournables ».


 

 Le coronavirus

Ce volet alimente les polémiques du début de l’année 2020 : la Chine impose le silence sur le drame qui se trame à Wuhan puis organise le confinement total de 11 millions de personnes, région représentée par notre dessinateur sertie dans la Grande Muraille. 

Les Français s’occupent pendant le confinement. Ils lisent les «métamorphoses du Covid », écoutent Didier Raoult (qui propose un vaccin contre la connerie à Donald Trump), occupent les enfants qui veulent tous devenir épidémiologistes, redécouvrent le chant des oiseaux à Paris et rendent hommage aux soignants à 8 heures le soir. Tel un Moïse sur le mont Valérien, Edouard Philippe prépare les Français à un déconfinement, en brandissant la table des 4 commandements : les gestes barrières, tu respecteras.

Alors que les démocraties sont fragilisées par la crise sanitaire, le masque est présent partout. Il devient objet de dérision. Il voile les avions au sol, il sert de serviette de plage et il reste sur les visages des artistes dont les spectacles sont tous annulés. Notons une mention spéciale au dessin du 14 juillet où les acteurs de la première ligne sont honorés en présence d’une Marianne propulsée par la figure du général de Gaulle dont l’appel est commémoré cette année. Le masque devient un parapluie de protection, puisque « vivre, ça n’est pas attendre que l’orage passe. Vivre, c’est apprendre à danser sous la pluie ».

L’écologie, la politique et le contexte social

Ces trois volets montrent des dessins plus engagés. Quand Greta Thunberg fait entendre sa voix à Davos, Donald Trump fustige les « prophètes de malheur » et désengage les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat tandis que le Brésil n’a jamais autant procédé à une déforestation massive. La planète brûle à l’image de l’Australie. La France devra compter avec les conclusions de la convention citoyenneté sur le climat mais également sur une force politique montante, le parti écologique qui remporte les élections municipales dans plusieurs grandes villes.

La crise sanitaire nous a fait un instant oublié les nombreuses grèves pour s’opposer à la réforme du dossier des retraites, largement traitées par Plantu. Il montre les difficultés du gouvernement d’Edouard Philippe jusqu’au-boutiste et la position d’Emmanuel Macron bien amère (il est jaune citron) parfois lâché par son camp, sous l’œil goguenard de François Hollande qui affirme, qu’à son époque, les trahisons étaient plus « masquées ».

La nomination du nouveau gouvernement Castex occasionne des caricatures bien senties, centrées sur des personnalités qui ne peuvent laisser indifférentes : l’optimisme de Roseline Bachelot qui distribue des masques de théâtre pour des scènes vides et l’avocat Dupond-Moretti devant « un mur des cons » qui nous rappelle des souvenirs. François Bayrou n’est pas épargné, quand devenu l’ange du président et le haut-commissaire au compte, il ne sait de quel côté il doit faire pencher la brouette financière de la relance, droite ou gauche.

L’actualité internationale


 

Alors que le monochrome est souvent utilisé, le rouge prédomine sur les dessins imposés par l’actualité internationale. Plantu voit rouge pour les 520 000 Syriens chassés de leur terre, quand l’hydre raciste entraîne la mort de 9 personnes en Allemagne à Hanau, mais surtout quand les droits de l’homme sont bafoués à Hong Kong. Le drapeau rouge chinois enserre de son étau la révolte des parapluies hongkongais et par là même édicte une loi sécuritaire, faisant craindre un recul inédit des libertés depuis la rétrocession de l’ex-colonie britannique.

Toutes les œuvres ne peuvent être évoquées. Elles nous touchent en fonction de l’actualité ou de sa sensibilité. On regardera avec une attention particulière, un dessin sur fond violet (le deuil ?) où une femme perd son visage, pauvre masque de douleur après un coup de poing bien ciblé, alors qu’un juge aux yeux bandés ne perçoit qu’un léger bruit quand il tend l’oreille. Le dessin de presse engagé dénonce aussi l’horreur des violences féminicides.

Inutile d’ajouter qu’un recueil des œuvres de Plantu est une mine de ressources pour l’enseignant. Si le dessinateur force le trait en exagérant la réalité, ses caricatures transforment habilement les personnages, ce qui permet de les identifier facilement, une aubaine pour les présenter aux élèves : une grande mèche blonde pour Trump, François Hollande aux joues rondes ou Emmanuel Macron au nez busqué. Un petit plus non dénué d’intérêt, des QRcodes dans l’ouvrage peuvent être lus pour voir l’artiste mettre en action son crayon, ou accéder à une de ses expositions. 

 

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